Chirurgie sous hypnose

Opérée sous hypnose, une cantatrice chante pendant l’intervention

 

Des chirurgiens de l’hôpital Henri-Mondor ont demandé à leur patiente, la nièce du chanteur Mory Kanté, de chanter au cours d’une opération sur une tumeur à la gorge pour vérifier qu’aucune corde vocale n’était touchée.

La chanteuse Alama Kanté, nièce du chanteur guinéen Mory Kanté, était opérée le 3 avril dernier d’une tumeur de la gorge. La patiente n’a pas été endormie mais simplement mise sous hypnose. Une première mondiale. Le chirurgien Gilles Dhonneur explique dans une interview au Parisien le refus de l’anesthésie générale: pour une chanteuse professionnelle spécialisée dans les chants traditionnels africains, il était impératif de pouvoir vérifier au cours de l’intervention que son «outils de travail» n’était pas abîmé. Maintenir la patiente éveillée permettait de la faire chanter en même temps. Alama Kanté n’a subi qu’une petite anesthésie locale au niveau de la gorge.

Cependant, le chirurgien souligne que «la douleur d’une telle intervention est insupportable en état de pleine conscience», alors que la chanteuse devait subir une intervention sur une «tumeur de la glande parathyroïde.». L’hypnose semblait donc être un compromis parfait. Le chirurgien raconte: «Elle est entrée dans une sorte de transe en écoutant les mots de l’hypnotiseuse. Elle est partie loin, en Afrique. Et elle s’est mise à chanter. C’était époustouflant!». Lors d’une conférence de presse le samedi 14 juin, la chanteuse a confirmé: «L’anesthésiste m’a demandé si je voulais voyager. Je me suis laissée guider.»

Plus de deux mois après cette intervention, Alama Kanté a totalement récupéré et s’apprête à remonter sur scène pour promouvoir son nouvel album.

Les vertus de l’hypnose en anesthésie sont connues depuis 1992, date où elle est employée pour la première fois par le professeur Marie-Elizabeth Faymonville dans le service d’algologie-soins palliatifs du CHU de Liège. En France, son principal usage reste la lutte contre les douleurs aigues, par exemple chez les grands brûlés, même si les opérations sous hypnose se banalisent.

Source Le figaro